Conférence, réunion, formation…

De quoi a-t-on besoin ?
Au moment ou la mission est confirmée par le client on en sait au moins : la date, les horaires, le lieu ou elle se déroulera, le sujet et le format (conférence, formation, entretien, réunion de travail en petite comité, déjeuner/dîner d’affaires…).

Pour avoir une base de préparation il manque à ce stade :
– S’il s’agit d’une conférence – un programme avec les noms des intervenants, les titres et les textes (ou au moins les brouillons) de leurs interventions et leurs présentations PowerPoint.
– Pour une réunion de travail – les documents techniques et le cas échéant les contrats qui feront l’objet de la discussion.
– Pour une formation – le programme de la formation et les supports (parfois déjà traduits ou à traduire).

Comment obtenir les documents nécessaires ?
Personnellement, je me méfie toujours de la phrase « ne vous inquiétiez pas, ça ne va pas être technique »… elle laisse toujours présager les missions les plus compliquées sur le plan du vocabulaire technique, justement !
En tant qu’interprète-conseil il m’arrive régulièrement d’insister, parfois lourdement, pour obtenir les documents et les présentations ; les intervenants ne souhaitent pas les envoyer parce que « ce n’est pas prêt » ou parce qu’ils ont l’intention « d’improviser », mais lorsque l’on arrive sur place le premier jour on découvre que chacun d’eux a bien préparé son PP.
Il est donc essentiel d’expliquer au client que la préparation est indispensable et que si l’on demande les documents avec insistance, c’est dans le soucis de fournir une prestation de qualité.

L’interprétation à la télévision ou à la radio
C’est différent : déjà, il y a un certain stress – on est en direct à l’antenne ! – qui rend la tâche plus difficile, et puis on n’a aucun moyen de prévoir dans quel sens partira la discussion. Il est possible parfois que l’on ait de la chance et que l’on obtienne à l’avance les questions du journaliste – et encore, pas sûr que ce dernier suivra la trame – mais évidemment pas les réponses de l’invité que l’on aura à interpréter. Dans ce cas-là, j’essaie toujours d’en savoir le plus possible sur l’interviewé, notamment :
– noter les titres des livres qu’il a écrit (films qu’il a tourné, tableaux qu’il a peint…) dans la langue d’origine et en français. Les titres et les noms propres peuvent parfois devenir un vrai cauchemar de l’interprète !
– pour les écrivains, connaître les histoires de chacun de leurs œuvres ; encore mieux si l’on a le temps d’en lire au moins un ;
– aller sur youtube pour l’entendre parler – par exemple, quand je devais interpréter Lev Dodine, un grand metteur en scène de théâtre russe, j’ai écouté/regardé une série de conférences qu’il a donné devant les jeunes acteurs. Cela m’a permis de me familiariser avec sa façon de s’exprimer, mais aussi de découvrir sa philosophie de travail et noter quelques noms qu’il cite plus souvent que d’autre.

Quand commencer sa préparation ?
En ce qui me concerne, pas trop à l’avance : par exemple, le train Paris Lyon offre 2 heures de calme pour parcourir les documents la veille de la conférence et finir la préparation en arrivant à l’hôtel si besoin.
Notre métier favorise la mémoire « à court moyen terme », donc un temps relativement court entre la préparation et la conférence permet « d’accéder » aux informations acquises par le cerveau plus facilement.

Comment organiser la préparation ?
Parcourir tous les documents fournis par le client, bien sûr, mais aussi son site internet et les sites/articles thématiques (comment faisait-on avant google?).
Organiser le vocabulaire en glossaires sous forme de tableaux en deux langues, par ordre alphabétique des termes. Éventuellement avec de courtes explications/définitions.
Pour les conférences compliquées je fais deux versions de glossaire : une à partir d’une langue et l’autre à partir de l’autre (par exemple anglais-français et vice-versa). Une troisième version si l’on doit travailler à partir de deux langues. Ça permet de s’y retrouver plus vite en fonction de la langue de l’intervenant.
Je privilégie le papier : pour moi c’est plus lisible que l’écran et l’on peut se servir de plusieurs pages en même temps.
Je dirais que les recherches que l’on a réalisé pour faire le glossaire et les documents que l’on a dû potasser représentent 90% de sa valeur.
Un glossaire d’un collègue c’est mieux que rien, mais il est bien plus difficile d’assimiler les termes dont la signification on n’a pas trouvé soi-même. Il est prouvé que plus l‘effort pour obtenir une information est significatif, mieux on la mémorisera. C’est le même principe que les anti-sèches – en rédiger une est déjà une bonne façon de préparer un examen !

Quelques astuces pratiques

Contre le trac – Fleurs de Bach
La paire suivante (souvent utilisée pour passer un concours ou un examen) :
– Larch (mélèze en français) – améliore la capacité d’apprendre, renforce la certitude de réussir et le contrôle de soiFleurs de Bach larch
– Elm (orme) – renforce le courage et la confiance en soi.

Si on a un coup de mou dans la journée
– Prévoir des noisettes et des fruits secs – sucres lents pour tenir dans la durée et le chocolat – pour fournir au cerveau le sucre dont il a besoin pour travailler intensément.

Améliorer durablement ses performances
La technique Alexander
Une technique corporelle utilisée très largement dans les métiers des spectacles, la TA permet d’éliminer les tensions et les automatismes, prendre conscience de son corps – et améliorer ainsi les capacités d’improvisation. Avoir une bonne posture et une bonne respiration, ne pas céder au stress permet d’être pus réactif et plus créatif aussi, et s’exprimer avec plus d’aisance. Elle mérite un article détaillé à elle toute seule, à suivre !

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